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THE WORLD’S END: REVIEW par François Provost

THE WORLD’S END: REVIEW par François Provost
Mister O
  • On 13 août 2013
  • http://generation-strange.com

Notre ami globe trotter François Provost, actuellement en Australie ( eh ouais, il y en a qui ont de la chance …) a eu la chance de voir le film d’Edgar Wright, et qui clôt leur trilogie the three flavours cornetto. Son avis des plus éclairé et inspiré vous donnera envie d’aller voir ce film … enjoy !! 

 

PS: Vous pouvez retrouver  notre ami François sur son blog geek me hard, que je vous recommande chaudement !! 

 

On en attendait beaucoup, et c’est cette attente qu’on tentait de rationaliser qui a sans doute eu raison du film. Mais depuis que Edgar Wright est arrivé au cinéma en 2005 avec Shaun of the dead, difficile de trouver un autre réalisateur qui combine aussi bien hommage et déférence aux différents genres qu’il aborde (film de zombies, buddy-movie), humour et sens de la dérision, jusqu’à créer un genre hybride entre film et jeux-vidéos pour Scott Pilgrim en 2010.
Même quand le duo d’acteurs Simon Pegg/Nick Frost commettait une petite infidélité au réalisateur et tournait dansPaul de Greg Mottola, le résultat réservait son lot de surprises euphoriques (Kristen Wiig !). Alors c’est dire si la réunion du réalisateur et de ses acteurs fétiches pour le dernier volet de leur trilogie personnelle était attendue…

Sous le prétexte de retrouvailles d’une fratrie d’anciens jeunes courant après leur passé, Edgar Wright pose doucement ses pions, instaure son climat de douce folie. Simon Pegg incarne un personnage certes décalé, mais c’est aussi à ce jour son plus antipathique, impressionnant dans sa détermination imbécile à vouloir terminer le tour des 12 pubs de la ville. Et après avoir persuadé ses anciens amis de réitérer cet exploit, les masques tombent. Sous l’apparente candeur de chacun se cachent quelques petits secrets de la vie d’adulte, des concessions faites ou des regrets toujours vivaces, et chacun revient sur le chemin parcouru depuis l’abandon des rêves d’adolescence – ou pas, dans le cas de Simon Pegg et de son alter-ego désaxé, Gary King. Comme dans beaucoup de teen-movies dont la pierre angulaire est ce fameux ‘prom night’ déjà mélancolique où convergent toutes les problématiques existentielles, les lads de Newton Haven ont une soirée pour tout changer (au cours d’une pause dans un bar, on entend d’ailleurs le “Do you remember the first time?” de Pulp en fond sonore). Le dernier baroud d’honneur empli de nostalgie ne sera pas de tout repos, car l’élément perturbateur s’imposant à eux aura de sévères conséquences sur la vie de chacun.

C'est ici le Comic-Con ?

Le film doit beaucoup à sa réunion d’acteurs britanniques : comme dans Hot Fuzz, Simon Pegg et Nick Frost incarnent des personnages aux caractères diamétralement opposés (donnée troublante vu comme les deux acteurs s’entendent comme larrons en foire), auxquels on adjoint une ancienne rancœur qui menace de faire s’effondrer les fragiles fondations de leur amitié. Parmi les 3 autres compères se lançant dans ses retrouvailles éthyliques s’y trouve Martin Freeman, acteur incontournable à qui est revenu la charge de jouer Bilbo le Hobbit sous la direction de Peter Jackson ainsi que John Watson dans la série Sherlock, dépêchée par la BBC. Paddy Considine, devenu un poids lourd du film indé et acteur à la férocité incroyable, complète le casting avec Eddy Marsan, mari inquiétant dans Tyranosaur sorti l’année dernière, justement réalisé par le même Paddy Considine.

Dans ce casting exclusivement mâle, une petite surprise bien anglaise : Rosamund Pike, actrice maudite que l’on soutient férocement dans ces lignes. Révélée au grand public en 2002 dans le dernier et pire chapitre des James Bond version Pierce Brosnan, on la croyait propulsée sur le devant de la scène pour de bon. Et puis rien, ou si peu. Pourtant on ne l’a jamais oubliée. Comme un écho à sa carrière, elle jouait une grande soeur mise de côté au profit de la jeune Keira Knightley dans Orgueil et Préjugés de Joe Wright (2005). Un rôle un peu ingrat, mais qui lui permet de briller la plupart du temps en arrière-plan. La nouvelle rendue publique à l’époque, de fiançailles échouées avec le réalisateur, sonnait comme un coup du sort malheureux au regard de la réussite de la romance offerte sur grand-écran : l’aînée Benett trouvait finalement l’amour et se retrouvait submergée d’émotion l’espace d’un plan volé.
Ces derniers rôles d’action-woman sonnent comme une erreur de casting mais on se doute que son intérêt n’est pas là. La revoir en terrain connu (et respecté) fait plaisir ; comme un nouveau départ, elle fait partie de nombreux projets en développement et on guettera de nouveau sa voix légèrement voilée et si distinctive, son sourire gêné qui nous fait craquer.Miss Pike & the boys
Edgar Wright et son scénario parlent plutôt bien de ces retrouvailles forcées entre vieux gars, sans toutefois le sens de la nouveauté et du rythme qui a toujours caractérisé le style du réalisateur jusqu’à présent. Et quand les éléments se déchaînent, c’est à nouveau à un fourre-tout de références, plongeant cette fois-ci dans la science-fiction, auquel on assiste : il y a un mélange du Village des Damnés et de The Thing dans cette ultime célébration, où l’hommage digéré et régurgité fait parfois mouche. Wright loupe quand même de beaucoup l’édification d’une mythologie concrète autour de son film, qui s’amuse un temps de son casting et de leurs décisions guidées par une logique abrutie par l’alcool (l’une des idées les plus réjouissantes du film). Enorgueilli par son expérience de fantaisie absolue sur Scott Pilgrim (à ce jour, la symbiose la plus satisfaisante entre ciné et jeu-vidéo), le réalisateur croque quelques séquences d’actions réussies, dont une première confrontation captée en un long plan-séquence (trafiqué).

The World’s End reste éminemment sympathique pendant toute sa durée, malgré un développement de l’intrigue assez faiblard dont toute la structure repose strictement sur sa tournée des bars. Là où le bas blesse, c’est dans sa dernière partie et son épilogue, ratés, qui loupent le coche, perdant ainsi une partie de l’unité entretenue par le reste du film. En l’état, The World’s End met un terme en demi-teinte à la “Blood and ice cream trilogy”, en partie à cause de son message unique, une nouvelle célébration de l’amitié entre copains qui sonne comme une redite malgré l’évidente sincérité du propos. Difficile cependant de faire la moue devant les quelques réparties cinglantes du film (pourtant entachées de running-gag lourdauds), qui font du film un tout restant infiniment plus sensé et sympathique que This is the end de la bande de Seth Rogen, dont l’apocalypse américaine fait parfois peine à voir. Dans tous les cas, servez-vous une pinte, ça va dépoter.

 

Un article publié en parallèle sur Geek me hard.

 

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